Revigorantes 48h de la pige : notre récit !

Revigorantes 48h de la pige : notre récit !

Liberté. Légalité. Solidarité. La devise de la 11è édition des 48h de la pige, les 16 et 17 juin à Nantes, a donné le ton à cet événement national, organisé par l’association Profession : Pigiste, et dont la CFDT-Journalistes était partenaire.

200 pigistes venus de toute la France s’informer sur leurs droits, se ressourcer au contact de ceux qui vivent la même réalité professionnelle, partager leurs grands bonheurs de pouvoir pratiquer le journalisme tel qu’ils l’aiment, mais aussi leurs galères, combats et astuces.

Nous, CFDT-Journalistes, y tenions un stand. Ainsi nous avons pu répondre aux questions de pigistes confrontés à des baisses subites de tarifs, à la difficulté d’obtenir l’indemnisation d’un arrêt de travail, ou encore au paiement en facture ou droits d’auteur. Quelle joie de les sentir déterminés à faire valoir leurs droits, conscients des chemins ouverts par le syndicalisme, et de parler adhésion à la CFDT !

 

Nos jeux de vacances pour réviser ses droits

Nous avons pu y diffuser notre magazine Profession journaliste, tour d’horizon de nos revendications pour la profession, nos « Jeux de vacances de la pige », une série d’exercices pour réviser ses droits sur un mode ludique, du calcul savant de mathématiques pour savoir dans quel cas obtenir la carte de presse à la vérification de son bulletin de paie, ou encore nos éventails, fort appréciés sous la canicule !

Prendre le pouls des énergies et préoccupations

Quelle chance aussi de pouvoir saisir à leur contact leurs envies de journalisme, écologique, féministe, d’investigation… et de feuilleter quelques-uns de leurs livres, sur le stand dédié aux livres d’enquête écrits par des pigistes.

Les jeunes étaient nombreux, dont certains tout juste sortants de formation, ce qui est bon signe : ils n’attendent plus d’être confrontés aux difficultés mais se préparent à riposter.

Autre bon signe : la présence d’une DRH, celle de Mediapart, venue se former pendant deux jours, ainsi que de la nouvelle chargée des pigistes dans ce média, un poste récemment créé ! Qu’on se le dise !

La pige choisie pour pratiquer un journalisme soumis à moins de pressions

Mais, aussi, tendance notable : ils ne sont pas rares à avoir récemment choisi la pige pour gagner en liberté après une expérience en rédaction jugée harassante, en proie à un management violent, et où certains ont frôlé le burn-out. Ils trouvent ou pensent trouver dans la pige une façon de travailler plus équilibrée, quitte à gagner moins bien leur vie.

Ils sont tous lucides sur la précarité, le manque de reconnaissance, la difficulté à fidéliser les collaborations à la pige. Mais ils savent aussi pouvoir y prendre le temps de travailler correctement, sur des sujets qu’ils jugent importants, ce qui n’a pas de prix pour certains, à l’heure d’une profession de plus en plus sous contrainte. Certains aussi y trouvent un moyen d’entrer dans la profession sur le tard, après un premier métier.

A tous, nous adressons nos chaleureux encouragements !

Soyez fiers de vous et tenez bon !

Le témoignage des combats menés par la CFDT

Lors de la plénière “Des combats syndicaux, des victoires collectives”, notre militante Elise Descamps, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Journalistes et pigiste en région, ainsi  que les représentants SNJ-CGT et SNJ-Solidaires, ont raconté comment nous avons, en intersyndicale, obtenu de grandes avancées depuis deux ans : l’abaissement du seuil d’ouverture des droits des pigistes aux arrêts maladie et maternité, le chômage partielou encore l’aide sociale Covid pour les pigistes ayant perdu des piges pendant la crise.

 

 

Lire aussi toutes nos actions menées pendant la crise, et notamment notre tableau récap des droits, notre calculatrice d’indemnité d’activité partielle,nos positions sur la grande commande photo

La voix singulière de la CFDT

Nous avons pu faire entendre notre petite musique : pourquoi nous avons été les seuls à ne pas signer la NAO de la presse spécialisée, pourquoi nous demandons de réaffecter les 10M€ d’aide sociale non attribuée à un plan de lutte contre le travail illégal, et comment parfois, faire partie d’un syndicat non corporatiste fait la différence, quand il s’agit de s’appuyer sur des militants non journalistes pour trouver le contact qui fera la différence dans telle administration.

Nous avons aussi rendu hommage à tous les représentants du personnel et délégués syndicaux en entreprise qui mènent un travail souvent ingrat et encouragé les pigistes à s’engager eux aussi pour affiner la connaissance de leurs problématiques et changer leur condition.

Nous n’avons pas vendu du rêve : le syndicalisme, ce sont des combats longs, fastidieux, qui aboutissent rarement à la victoire totale espérée, et chaque jour nos militants se demandent ce qui est juste et acceptable. Mais nous avons témoigné de notre travail honnête, sérieux, précis et pugnace au quotidien.

Obtenir sa carte de presse

Co-animateur de l’atelier « Obtenir la carte de presse », aux côtés d’un élu SNJ à la CCIJP, notre militant Yoann Labroux-Satabin, élu titulaire à la CCIJP, a expliqué les subtilités des critères d’attribution, afin que les entrants dans la profession ou ceux passant par des creux de la vague optimisent leurs chances de l’obtenir, en ayant toutes les clés en main. Le mot d’ordre : expliquer sa situation !

Exercez-vous avec notre jeux de vacances de maths ! et vérifiez votre réponse

A l’atelier « Podcast : connaître et faire respecter ses droits » nous avons mesuré le chemin restant à parcourir pour que ce secteur respecte les droits des pigistes et de tous les journalistes, souvent pas rémunérés comme tels.

 

 

Piger depuis l’étranger

A l’atelier « Piger depuis l’étranger », reposant sur les témoignages passionnants de Elodie Auffray (ex correspondante en Tunisie pour Libération, Le Temps, l’Express, Tour Hebdo) et Justine Fontaine (de retour du Chili), nous avons aussi pu apporter notre expertise sur les droits sociaux de ces pigistes dans l’angle mort de la protection sociale, expliquer pourquoi nous demandons une modification du code de la Sécurité socialepour qu’ils puissent officiellement légalement cotiser en France, ou encore les inciter à demander une fiche de paie pour leurs missions de fixing, notamment pour que cela les aide à obtenir la carte de presse, comme nous le revendiquions lors des élections carte de presse.

Un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, et sur lequel nous nous mobilisons depuis des années (relire notre enquête de 2019 notamment).

Nous avons, évidemment, eu une pensée spéciale pour Frédéric Leclerc-Imhoff, pigiste de BFM-TV tué en Ukraine, et Olivier Dubois, pigiste au Mali retenu en otage là-bas depuis 14 mois.

Hier, aujourd’hui, demain, la CFDT-Journalistes plus que jamais aux côtés et du côté des pigistes ! 

MILLE MERCI A PROFESSION PIGISTE D’ETRE CE PRECIEUX FEDERATEUR DES PIGISTES !

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