Continuer à apprendre avec la formation continue

Trop peu de journalistes en général, et de pigistes en particulier, continuent à se former une fois l’école derrière eux. Pourtant, c’est un droit et c’est très utile pour continuer à rester « à la page ». 

 

Nos droits similaires à tous les salariés

En tant que salariés, les pigistes ont droit – comme les autres salariés – aux dispositifs suivants : 

  • le plan de développement des compétences de l’entreprise (par exemple, celui de l’employeur principal) >> oui, oui, vous avez le droit de demander à votre employeur le financement d’une formation ! Et d’autant plus si vous êtes régulier !
  • le Compte personnel de formation (CPF) : formation visant une certification ; bilan de compétences (voir notre FAQ plus bas)
  • le Conseil en évolution professionnelle (CEP)

Et le CPF de transition  (ex CIF) ?  La dernière réforme de la formation professionnelle (Loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel) pénalise un certain nombre de professionnels au statut particulier, comme les pigistes. Ainsi, nous n’avons plus droit au CPF transition professionnelle (ancien CIF – congé individuel de formation). Ceci est préjudiciable pour les projets de reconversion en particulier. Le CIF était financé par l’Afdas pour les pigistes et les intermittents du spectacle. Aujourd’hui, le CIF devenu CPF de transition est réservé aux salariés en CDI et aux salariés en fin de CDD. Donc, les pigistes en sont exclus. Seule possibilité : si vous avez momentanément arrêté vos piges pour faire un CDD. Comme tous les opérateurs de compétences (OPCO, issus de la nouvelle loi), l’Afdas n’est plus à la manœuvre sur le CPF de transition. Il faut désormais s’adresser à l’organisme appelé TransitionPro (1 par région). Ce qui implique de choisir une formation en rapport avec les besoins de la Région… 

 

Les droits supplémentaires des pigistes de presse écrite, agences et presse en ligne (AFDAS)

Les pigistes de la presse écrite, des agences de presse et de la presse en ligne peuvent, en plus, obtenir des formations auprès de l’AFDAS, Opérateur de compétences (OPCO) pour les secteurs de la culture, des médias, des loisirs et du sport.  www.afdas.com

Attention, il faut réunir deux conditions :

  • Être titulaire de la carte de presse avec la mention pigiste en cours de validité le jour de la demande de formation
  • Et justifier d’au moins un bulletin de salaire en qualité de pigiste sur les 12 derniers mois.

Les formations  accessibles, dans la limite d’un forfait annuel de 4 000 €, doivent être dédiées à leur métier, avec quatre filières prioritaires : 

  • journalisme ; 
  • conception et réalisation numérique ; 
  • image/lumière ; 
  • domaines d’expertise dans le cadre du métier de journaliste (par exemple, un module de finances pour un.e journaliste économique, une formation sur les polluants chimiques pour un.e journaliste santé, etc.)

Une formation entrant dans l’une de ces filières est prise en charge par l’AFDAS (dans la limite du budget dont elle dispose). Les autres demandes sont étudiées au cas par cas par une commission ad hoc (la Commission paritaire « pigistes » de l’AFDAS).

A savoir : les priorités sont régulièrement actualisées et dernièrement les formations à la sécurité en reportage ont été fléchées comme prioritaires.

Et les pigistes de l’audiovisuel ? Hélas, les entreprises ne cotisent pas au fonds pigistes AFDAS donc ils n’y ont pas droit. MAIS ceux ci peuvent se débrouiller pour faire une seule pige presse écrite par an et ça leur ouvrira des droits !

Point de carrière

Depuis octobre 2021,  l’AFDAS propose aux journalistes-pigistes (de presse écrite, agences de presse et presse en ligne) qui souhaitent faire un bilan de leur situation professionnelle et développer leur compétences un « Appui-conseil carrières ». Cette prestation gratuite et personnalisée a été élaborée par les partenaires sociaux représentants de la presse écrite (dont la CFDT) et par l’AFDAS et elle est financée sur les fonds conventionnels gérés par les partenaires sociaux.

Pour entrer en contact avec un conseiller : Tél. 01 44 78 34 58/ e-mail : accpigistes@afdas.com

 À qui s’adresser ?

  • Au service formation de l’un de vos employeurs pour une formation sur le plan de développement des compétences (appelé auparavant « plan de formation »). En général, les employeurs les réservent à leurs pigistes les plus réguliers. Votre choix de formation doit s’inscrire dans la stratégie de développement des compétences de l’entreprise.
  • A l’AFDAS si aucun de vos employeurs ne veut prendre en charge votre formation. Il existe des délégations AFDAS dans les régions. Il est également possible de faire sa demande en ligne. www.afdas.com. Au niveau national, une commission paritaire dédiée aux pigistes a été créée par l’accord pigistes du 9 mars 2016. Elle travaille à rendre cet accord opérationnel (choix des formations prioritaires, arbitrages budgétaires, actions de communication,…). La CFDT y compte deux représentants : Violette Queuniet et Dominique Martin. 

Bon à savoir : en faisant financer votre formation par l’AFDAS ou par un employeur, vous évitez de puiser dans votre CPF (Compte personnel formation) ! L’argent cumulé vous servira à payer une formation de votre choix plus tard. 

Les organismes de formation

Une sélection loin d’être exhaustive… Pour plus d’informations, voir le site de l’AFDAS.

  • EMI-CFD
  • CFPJ
  • ESJ Pro
  • les offres de formation continue des écoles de journalisme reconnues

FAQ CPF

Allez sur le site moncompteformation.gouv.fr. Puis suivez-les indications pour créer votre compte. On vous demandera votre n° de SS et votre mail + le choix d’un mot de passe, c’est tout.

Ensuite, vous pourrez vous connecter à tout moment, en indiquant à chaque fois votre numéro de SS et votre mot de passe.

Depuis 2019, un salarié à temps plein acquiert 500 € par an (crédités sur le CPF au mois de mars de l’année suivante). Un prorata est calculé pour les salariés à temps partiel. La loi prévoit un calcul particulier pour tous les salariés (dont les pigistes) dont la rémunération ne dépend pas d’un horaire de travail.

Pour acquérir 500 €/an, il faut avoir gagné au moins 2 080 fois le montant horaire brut du SMIC (10,15 € en 2020) soit 21 112 €. Vous avez gagné moins ? Faites une règle de 3 pour calculer la somme acquise. Exemple : vous avez gagné 15 000 € brut en 2020. 500 : 21 112 X 15 000 = 355, 24 €, soit 356 € crédités sur votre CPF (l’arrondi se fait à la décimale supérieure).

Le CPF est alimenté automatiquement par les déclarations de vos employeurs. Depuis 2019, le CPF est alimenté en euros au lieu d’être alimenté en heures.

Vos heures disponibles (DIF et CPF) ont été converties en euros, à raison de 15 € par heure (loi du 05/09/18 pour la liberté de choisir son avenir professionnel). Un salarié à temps plein acquérait 24 heures par an, soit 360 € par an.

Ces montants s’ajoutent à ceux acquis directement en euros depuis 2019, dans la limite d’un plafond de 5 000 €, pour encourager les salariés à utiliser leurs droits.

Vos heures de DIF disponibles au 31 décembre 2014 alimentent votre CPF.

Attention : contrairement aux heures CPF qui sont portées sur votre compte par votre employeur, c’est à vous (si vous ne l’avez pas déjà fait) de reporter ces heures dans votre compteur sur le site officiel moncompteformation.gouv.fr, rubrique « Saisir mon droit individuel à la formation ». Le maximum acquis s’élève à 120 heures (20 heures par an, durant 6 ans).

Si vous ne connaissez pas vos heures de DIF, contactez les services de l’AFDAS pour convenir d’un rendez-vous avec un(e) conseiller(e) afin de vous délivrer une attestation de DIF. Il faudra vous munir des documents suivants :

. vos fiches de paie en presse écrite (comme pigiste) de 2009 à 2014

. vos cartes de presse sur la même période.

Il faut que la formation demandée débouche sur une certification (ou une partie de certification). Toutes les formations « éligibles au CPF » sont répertoriées sur le site moncompteformation.gouv.fr

En pratique, si vous avez repéré une formation qui vous intéresse, demandez à l’organisme si elle est éligible au CPF.

ATTENTION – Les stages comme “Savoir utiliser les réseaux sociaux” ou “Ecrire pour être lu” ne peuvent pas être pris en charge dans le cadre du CPF car ils ne sont pas qualifiants. En revanche, ils peuvent être pris en charge par l’AFDAS, dans le cadre de l’accord pigistes. 

Quel financement ?

La seule condition est d’être titulaire d’une carte de presse et d’avoir pigé pour des entreprises de presse écrite et des agences de presse. Il faut donc avoir un minimum d’expérience professionnelle. Cependant, nul besoin d’attendre un an d’activité pour obtenir votre carte de presse. Vous pouvez la demander à la CCIJP (Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) dès lors que vous avez exercé l’activité de journaliste durant 3 mois consécutifs et que vos revenus issus de la presse représentent au moins 50 % de vos revenus totaux. http://www.ccijp.net/article-34-faq.html

Si vous choisissez une formation par le biais de l’Afdas, votre budget annuel est limité à 4000 €, hors allocation et hors frais de transports éventuels. Si son coût est supérieur, essayez de négocier avec l’organisme de formation. Dernier recours, si vous ne voulez pas y renoncer : payer le différentiel de votre poche.

Même chose si vous voulez mobiliser votre CPF mais que le coût de la formation dépasse le montant acquis.

La réforme de la formation de 2018 pénalise les pigistes : avant, des financements croisés étaient possibles entre Afdas et CPF (formation Afdas abondée par le CPF ; CPF abondé par l’Afdas). C’est devenu impossible aujourd’hui.

Si votre formation est prise en charge par l’Afdas ou se fait sur le plan de formation de l’entreprise, vous avez droit à une allocation de 10 €/heure pour les formations d’une durée supérieure à 14 heures (c’est-à-dire plus de 2 jours). A partir de 3 jours, l’allocation de 10 €/heure démarre dès le 1er jour de formation.

Avant la réforme du 05/09/2018, il était possible d’être indemnisé si vous suiviez une formation dans le cadre du CPF. C’est désormais impossible.

 

Pour aller plus loin : Le livre Le journalisme en question, former pour innover (2015)